La répétition d’un symbole s’affirme quand d’autres inondent sans vergogne nos paysages de messages régressifs
Chaque tableau des Mixtures Urbaines est le résultat d’une synthèse d’une journée dans la ville. Les paysages urbains se recomposent à partir d’une sélection de photos prises au fil des heures …
Fragment d’un objet très répandu vous transportant à jamais dans un grand sommeil. Il l’a dédoublé et cette symétrie le rend sympathique, il voit un Ourson qui lui tend les bras
Chaque tableau des Mixtures Urbaines est le résultat d’une synthèse d’une journée dans la ville. Les paysages urbains se recomposent à partir d’une sélection de photos prises au fil des heures, capturant les détails souvent invisibles pour tout le monde : un store de café, un motif sur la façade, du mobilier urbain, un pavé usé, une poubelle, un reflet dans une vitrine, du carrelage de métro, des marches pour les pieds d’escales…
Chaque Mixture Urbaine devient une mémoire visuel, un souvenir figé et recomposé, où la ville se révèle à la fois réelle et réinventée. L’attention portée aux petits éléments transforme chaque œuvre en une cartographie subjective, reflétant l’énergie de la ville.
Cette Mixture prendra la forme du symbole et s’y déploiera pour le reproduire.
Little Série garde ce qui lui a servi et qui a un potentiel visuel. Ce ne sont pas encore des œuvres mais ça ouvre des pistes.
Le verre brisé, les capsules, les circuits imprimés deviennent des fragments à explorer, presque archéologiques : témoins d’un usage, traces d’une époque.
Pour certains, c’est aussi un hommage, un respect rendu à ce que l’objet a traversé ou signifié.
En 2007, graphiste et dans la chaîne de l’imprimerie depuis 1986, Olivier prend conscience du gaspillage de ce qu’il produit. À partir de là, l’idée fait chemin et une conclusion s’impose : produire peu et ce qu’il fait doit rester.
En même temps, une vie intérieure artistique s’exprime par un désir inassouvi d’images et d’univers reconstitués de paysages urbains. Conséquence d’une influence Honfleuraise, début des années 90, où ses parents contraints de se déraciner, ont trouvé refuge.
Une petite quinzaine d’années après, il se plonge dans des capitales pour y trouver sa matière première et commence ses Mixtures Urbaines. Mais ce n’est pas suffisant et l’idée en 2013 de projeter un symbole dans ses créations s’impose comme une évidence.
Fragment d’un objet très répandu vous transportant à jamais dans un grand sommeil. Il l’a dédoublé et cette symétrie le rend sympathique, il voit un Ourson qui lui tend les bras. Cette douce violence sera son oxymore visuel.
Le choix de cet emblème s’est révélé à force de voir des enfants tenant fièrement et inconsciemment cet objet comme un sauveur et un gadget. Tenue seyante avec une paire de baskets dernier cri. Cette banalisation est sidérante.
Pour sa première mixture, Little Série hérite naturellement de la technique de son travail : la PAO.
Il fait des détourages impeccables, des raccords d’images parfaits, passe un temps fou sur un seul tableau.
Puis il comprend que ce n’est pas ça qui compte, et qu’il ne faut surtout pas s’enfermer dans la technique.
Alors il déconstruit. L’idée doit primer, et le geste doit relever de l’art brut — loin du perfectionnisme.
En regardant certains,
quelque chose naît en nous.
Serge Mendjisky
Franck Tordjmann
Bernard Pras
Gilbert & George
Pierre & Gilles
Kris Kuksi
Rainer Maria Rilke